Nouvelle construction : gestion des eaux pluviales et citerne d'eau de pluie, quelles obligations ?
Récupérer, filtrer et réutiliser l’eau de pluie... un thème incontournable quand on construit ou on rénove. Depuis 2023, il existe une nouvelle ordonnance sur l’eau de pluie qui renforce encore les règles. Nous vous exposons ci-dessous les conditions de cette réglementation et ce qu’elle implique concrètement pour les maîtres d’ouvrage.
Chaque goutte compte : l’intérêt d’une gestion durable de l’eau de pluie
Gérer intelligemment les eaux pluviales est devenu un défi majeur et les laisser s’évacuer à l’égout est tout simplement exclu. À l’aide de diverses mesures, comme l’installation de citernes d’eau de pluie de plus grande capacité et de systèmes d’infiltration en plus grand nombre, la Flandre entend s’armer pour lutter contre les périodes de sécheresse extrême et de grave inondation. Et tout le monde participe, du moins celles et ceux qui construisent ou rénovent. Que pouvez-vous faire ? Ou mieux : que devez-vous faire ?
1. Wadi : infiltration naturelle de l’eau de pluie
Dans la plupart des projets de construction neuve, la gestion des eaux pluviales est encadrée par des prescriptions locales. Les règles ne sont pas uniformes en France et varient selon la commune. Il est donc essentiel de vérifier les exigences applicables via le Plan Local d’Urbanisme (PLU).
Un wadi – ou noue d'infiltration – constitue une solution possible. Il s’agit d’une cuvette aménagée dans le jardin qui absorbe l’eau de pluie en cas de trop-plein de la citerne, limite le rejet vers l’égout public et contribue à réalimenter la nappe phréatique. Cette approche est particulièrement pertinente lorsque des périodes de sécheresse alternent avec des précipitations intenses.
Le wadi ou noue d'infiltration est généralement végétalisé avec des plantes résistantes à l’humidité. Il peut être peu profond ou plus marqué, à l’image d’un fossé. Le principe reste le même : le trop-plein de la citerne d’eau de pluie est dirigé vers une zone d’infiltration afin de permettre une absorption progressive dans le sol.
En France, il n’existe pas d’obligation spécifique d’installer un wadi. Le choix du système de gestion des eaux pluviales dépend des caractéristiques du terrain, des contraintes techniques et des prescriptions locales.
À titre indicatif, les recommandations suivantes sont souvent appliquées, sous réserve des exigences locales :
- Taille : la surface d’infiltration est généralement dimensionnée en fonction de la surface bâtie et des exigences locales.
- Localisation : il est conseillé d’implanter la zone d’infiltration à distance de l’habitation, en tenant compte du relief naturel et de l’écoulement des eaux.
- Sol perméable : une bonne infiltration nécessite un sol adapté, éventuellement amélioré à l’aide de matériaux drainants comme le gravier ou le sable.
2. Citerne d’eau de pluie : capacité accrue
Une citerne d’eau de pluie constitue l’un des investissements les plus durables. Vous pouvez par exemple réutiliser l’eau de pluie récoltée pour la chasse d’eau ou pour laver votre voiture. Vous économisez ainsi pas moins de 50 % sur votre facture d’eau et, en période de sécheresse, vous évitez de puiser dans les ressources d’eau potable qui se raréfient.
Quelle taille pour une citerne d’eau de pluie ?
Les volumes minimaux des citernes d’eau de pluie sont revus à la hausse. La règle est la suivante : plus le toit est grand, plus vous pouvez récolter de l’eau de pluie et plus la citerne est grande. Si votre toit fait plus de 80 m², vous devez prévoir une citerne d’au moins 7.500 litres. Et s’il fait plus de 120 m², votre citerne devra afficher une capacité de 10.000 litres minimum.
L’eau de pluie récoltée devra en outre être réutilisée pour diverses applications qui ne requièrent pas d’eau potable, comme la chasse d’eau, le lave-linge ou l’extérieur.
Pompe à eau de pluie
Si vous souhaitez réutiliser l’eau de pluie, vous devez installer une pompe qui aspire l’eau de votre citerne et la transporte ensuite vers les points de prélèvement souhaités. Vous pouvez donc utiliser cette eau de pluie pour vos toilettes, ainsi que pour votre lave-linge et le robinet extérieur. L’eau de pluie de votre citerne est insuffisante ? Vous pouvez temporairement remplir la citerne d’eau courante, mais l’installation d’un bypass permettant de passer de l’eau courante à l’eau de pluie n’est pas autorisée.
Pour pouvoir utiliser l’eau de pluie pour différentes applications, celle-ci doit être bien filtrée. C’est pourquoi nous vous recommandons d’installer un préfiltre et un système de filtration triple qui combine un filtre à tamis, un filtre fin et un filtre à charbon actif. Nous vous conseillons également de placer la pompe dans la citerne d’eau de pluie et pas dans le débarras, pour éviter les nuisances sonores à chaque enclenchement automatique de la pompe.
3. Toiture verte : gestion efficace et esthétique des eaux pluviales
L’installation d’une toiture végétalisée offre une alternative intéressante pour évacuer très lentement l’eau d’un toit plat. Les substrats qui font partie intégrante du toit vert stockent une partie de l’eau de pluie, ralentissant ainsi son écoulement à travers le conduit d’évacuation.
L’eau qui s’écoule d’une toiture verte est moins pure et moins claire. Il est donc préférable de ne pas la diriger vers la citerne d’eau de pluie, mais de raccorder directement ce toit au wadi, à moins que vous n’envisagiez un système de filtration supplémentaire ou un prétraitement, ou s’il ne s’agit que d’une petite partie de la superficie totale du toit.
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